La Mort de Tintagiles

La Mort de Tintagiles
Spectacle de théâtre
Produit par le groupe Ubürik
Créé en 2007

« La Mort de Tintagiles est une pièce écrite à l'origine pour des marionnettes. Ce postulat énoncé par Maeterlinck lui-même m'a transmis une image forte d'acteurs tirés par des fils, ou manipulés par une autre force qu'eux-mêmes. Mais comment rendre cela visible ? Les personnages de La Mort de Tintagiles sont des marionnettes qui ont été écrasées, désarticulées, sur le sol par la lumière, sous l'ombre de la Reine. Mais parfois des fils semblent encore y être accrochés, retenus par les doigts de la Reine. La pesanteur accompagne l'émotion : enfermée dans la "poupée", elle provoque la tension.

J'ai vu dans le mot du "seuil", souvent répété, dans la pièce comme dans toute l'œuvre de Maeterlinck, une seconde piste. Il fallait rendre ce "seuil", ce passage d'un endroit à un autre, important, visible, et difficile à franchir. Imaginons celui d'une porte suspendu dans les airs : les personnages sont contraints de voler pour le dépasser. Le texte d'Heinrich Von Kleist, Sur le théâtre de marionnette, parle de cette pesanteur, qui ne peut être contrée par l'homme, mais seulement par la marionnette. Ainsi, si l'on considère que les acteurs sont des marionnettes dont les fils ont été coupés, il n'est plus impossible, même si cela reste difficile, de franchir le seuil. Reste encore à trouver un moyen. » Kim Aubert

Impliqué dans cette création théâtrale en tant que musicien et comédien, j'ai choisi de ne pas écrire à proprement parler la musique de cette pièce, mais plutôt de la laisser vivre par l'intérieur, au fil des sensations que l'histoire m'apportait. Mon personnage, peu apte à s'exprimer par le langage commun ni à s'imposer au milieu des autres, pouvait donc véhiculer par la musique une expressivité propre, qui alimentait par ailleurs l'atmosphère du spectacle. L'improvisation, guidée par un long travail de répétition, a servi de matière à l'univers sonore et musical de la pièce.

De nombreux instruments ont été utilisés dans cette mise en scène, de la cithare à la flûte sud-américaine, de l'ukulélé à la senza. Embarqués sur moi comme une seconde peau, ces instruments nous intéressaient autant pour leurs plastiques que pour leurs sonorités. Les coups qu'ils auront pris dans le jeu, notamment sur le sol et entre eux, renvoient à leur propre corporalité, leur propre animalité qui prolonge en somme le lien "marionnette/corps" exploré par le projet.

Collaboration

Mise en scène : Kim Aubert
Interprétation : Benjamin Candotti-Besson, Muriel Lefebvre, Jérôme Cuvelier, Michaël Brothier, Jules Sagot, Corentin Colluste, Améli Ramasco.

Photos

  • © Aline Matray
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